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De grandes oreilles, des petits yeux noirs et un doux pelage. Peu de gens se représentent les chauves-souris ainsi. La plupart d'entre nous les imaginent plutôt comme des vampires avides de sang, actrices incontournables des histoires d'épouvante. Mais l'oreillard brun (Plecotus auritus) ne se repaît pas de sang la nuit.
C'est un infatigable chasseur d'insectes. Les papillons de nuit sont le mets préféré de cet acrobate volant mais les coléoptères, chenilles et araignées figurent aussi à son menu. L'oreillard brun chasse de préférence dans les forêts de feuillus et mixtes richement structurées, des vergers haute-tige, des haies et des prairies proches de l'état naturel. Il hiberne à l'abri du gel dans des cavités, des galeries ou des caves au sol naturel. Il monte jusqu'à près de 2000 m (Valais, Grisons).
Son caractère le plus remarquable est certainement le vol que, seules parmi les mammifères, les chauves-souris ont la faculté de pratiquer activement. Les chauves-souris « voient » avec leurs oreilles ; les oreillards localisent aussi leurs proies à l'aide des sons que celles-ci émettent en se déplaçant. En Suisse, l'oreillard brun est répandu de la plaine jusqu'en montagne; il est pourtant considéré comme menacé. Les milieux diversifiés s'appauvrissent sous l'effet de leur exploitation intensive et disparaissent en raison du morcellement croissant du territoire.
Espérons que vous aurez envie d'en savoir plus plus sur ce joli petit animal sur lequel Robert a écrit dans Mammifères sauvages d'Europe : « Pour qui a le moindre sens de la variété des formes vivantes, les chauves-souris apparaissent comme de petites merveilles par leurs adaptations si ingénieuses, la légèreté gracile de leurs doigts, la courbe savante de l'avant-bras, les tendons nacrés, la finesse soyeuse et élastique des membranes, le pelage moelleux, la tête si caractéristique ». |