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Comment le peintre, que rien ne le préparait à écrire, en est-il venu à "penser en peintre hors de la peinture"? questionne Roland de Miller, auteur de la biographie "Robert Hainard. Peintre et philosophe de la nature".
"Il a fallu pour cela, répond Robert Hainard, que la question de la nature me mît dans une grande détresse et en violente contradiction avec notre civilisation" -in "Le Miracle d'être", p.120-
Sa prise de conscience, ce fut l'impossibilité d'accepter un monde où la nature est rognée, adultérée, émasculée, où elle disparaît.
Au fil des années, il s'est convaincu que l'amour de la nature n'était pas une aberration et que la nature triomphera, mais il n'en a pas toujours été ainsi ! Cela l'amènera à dire que "la sérénité gagnée est meilleure que la sérénité de naissance". Son angoisse à la voir disparaître était si grande, les raisons qu'on lui assénait pour lui prouver la futilité de son inquiétude, si péremptoires, qu'il a décidé d'y aller voir: "J'ai commencé à inscrire les réflexions qui me venaient au cours de mes marches et de mes affûts et que parfois je trouvais toutes formulées (ce sont les meilleures) en m'éveillant une heure avant mon habitude.
Celui qui se considérait souvent dans sa jeunesse comme un attardé et un passéiste parce qu'il aimait la nature a gagné en confiance et en force, puis est devenu un combattant d'avant-garde, un précurseur que certains ont eu parfois du mal à comprendre mais que bien d'autres ont reconnu à sa juste mesure. Ainsi, le 20 janvier 1987, a-t-il reçu le prix François Sommer de la Maison de la chasse et de la nature à Paris pour l'ensemble de son oeuvre littéraire et plastique. |